Louis-Claude de Saint Martin

Le Nouvel Homme (1790), § 16

Semons encore un germe que nous laisserons croître ensuite, comme nous avons fait de tous les germes divers que nous avons déjà semés dans cet écrit ; puis nous en ramasserons les fruits et les récoltes à mesure qu'ils se présenteront. Ce germe c'est l'arche de l'alliance. Voyez quels travaux le peuple juif a supportés pour transporter l'arche d'alliance au travers des déserts, pour lui faire traverser les eaux du Jourdain, pour l'arracher des mains des peuples impies qui s'en étaient empa­rés, et qui l'avaient voulu faire habiter avec leurs idoles. 

(...)Eh bien ! Il faut que cette oeuvre sainte s'opère en nous, pour que nous puissions dire que nous sommes admis au rang des sacrificateurs de l'éternel. L'arche sainte est en captivité en nous. Des impies qui ne savent pas distinguer la lumière d'avec les ténèbres, retiennent cette arche sainte dans leurs demeures d'iniquité ; ils lui font mille outrages;

 (...)  ils veulent qu'elle soit comme rien devant des divinités qui ne sont elles-mêmes que le néant. 

Il faut que nous arrachions cette arche sainte de ces mains criminelles qui l'outragent ; il faut que nous lui fassions traver­ser les déserts au milieu des peuples armés pour nous attaquer, et la maintenir en leur possession. Il faut que nous la sentions sortir péniblement de dessous les décombres qui l'engloutissent, et traverser le vieil homme, en le faisant crier de douleur, jusqu'à ce qu'elle l'ait dépassé, et qu'elle se soit remise à flot au-dessus de lui.
Vois-tu à quel prix cet air actif que la physique emploie se peut obtenir des corps qui le tenaient renfermé ? Ce n'est qu'en les violentant par des caustiques, ou qu'en les livrant à la putréfaction. Il en est de même du vieil homme qui doit être ainsi violemment dissous par le même feu sacré qu'il tient enseveli dans lui-même, et il faut qu'à chaque degré que ce feu va parcourir pour recouvrer sa liberté et sa splendeur, il dissolve, corrode, et putréfie toutes les substances hétérogènes qui composent aujourd'hui en toi l'homme de ténèbres, et l'homme de la mort ; il faut que ces mêmes substances soient brisées, et renversées par l'approche de ce feu sacré, comme l'idole de Dagon le fut par la présence de l'arche sainte ;
(...)Il faut que tu la fasses entrer ainsi dans la ville sainte au milieu des cris de joie et au son des trompettes;

 

The battle of jericho julius schnorr von carolsfeld


(...) Présente-toi donc avec la même assurance aux régions élémentaires ; tu devras espérer que la vertu attachée à l'arche sainte fera diviser les eaux devant toi, pour pouvoir les passer sans péril, qu'elle fera convertir la rosée en manne salutaire pour te nourrir dans tes besoins, qu'elle fera couler l'eau des rochers, pour te désaltérer, et qu'elle fera tomber le feu du ciel sur tes ennemis.

(...)Cette vertu attachée à l'arche sainte te fera entrer dans les associations des patriarches, et des prophètes, pour que tu élèves ta pensée jusqu'aux régions divines, supérieures à ces régions figuratives que tu es obligé de parcourir si laborieusement ; 

(...) Cette arche sainte en deviendra elle-même le premier réceptacle, et elle te fera jouir des promesses destinées à ceux qui auront fait un usage courageux du médicament d'amertume, d'où dépend notre universel renouvellement. Elle deviendra l'organe des oracles sacrés, et il suffira que tu te mettes en sa présence pour les entendre ;

(...) Cette même arche sainte engagera le grand prêtre de l'ordre de Mélchisédech à te revêtir lui-même de tes habits sacerdotaux qu'il aura bénis auparavant, il te donnera de sa propre main les ordinations sanctifiantes par le moyen desquel­les tu pourras, en son nom, verser les consolations dans les âmes, en leur faisant sentir par ton approche, par ton verbe purifica­teur, et par la sainteté de tes lumières, que nous passons dans l'esclavage, dans les ténèbres, et dans la mort tous les moments où nous ne sommes point directement dans l'atmosphère de notre Dieu ; 

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L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 16, extraits choisis. 

C’est cette Société que je vous annonce comme étant la seule de la terre qui soit une image réelle de la société divine

Sous les auspices de cette « Société des Indépendants », « et de la doctrine profonde à laquelle s’appliquent ses différents membres » (Le Crocodile, Chant  15), s’est édifiée ainsi, le strict respect des principes saint-martinistes, non un « Ordre Martiniste » de plus parmi les innombrables Ordres  se déclarant et se présentant comme tels, mais la « Société » désirée par le Philosophe Inconnu, à savoir la réunion des « Serviteurs+Inconnus », de ces « Indépendants » qui ont accueillis le message de l’Evangile et se considèrent, simplement comme des pauvres disciples du Christ Jésus, Notre Divin Maître Réparateur et Seigneur.

Telle est l’œuvre que se sont fixés les membres de cette « Société » pensée par Saint-Martin comme une « Fraternité du Bien », une Société quasi « religieuse », à savoir la Société des Frères, silencieux et invisibles, consacrant leurs travaux à la célébration des mystères de la naissance du Verbe dans l’âme ;

 

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cercle intime des pieux Serviteurs regroupés – selon le vœu même du Philosophe Inconnu – afin de répondre à sa volonté initiale et première en « Société des Indépendants », qui n’a « nulle espèce de ressemblance avec aucune des sociétés connues » (Le Crocodile, Chant 14), et dont Saint-Martin déclare : « C’est cette Société que je vous annonce comme étant la seule de la terre qui soit une image réelle de la société divine, et dont je vous préviens que je suis le fondateur. » (Le Crocodile, Chant 91).

 

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Le Nouvel Homme (1790), § 15

Si l'homme est mort dans toutes ses facultés, il n'y a pas un seul mouvement de son être qui puisse se faire sans que l'on prononce en lui cette parole rapportée plus haut : Lazare, levez-­vous. Et si l'homme veut ensuite étendre son intelligence, il verra que non seulement c'est sur lui que le réparateur profère continuellement cette parole, mais aussi sur tout l'univers, et sur toutes les parties de l'univers, puisqu'il n'y en a point qui ne soit aujourd'hui ensevelie dans les ténèbres de la mort, et qui ne soit en souffrance suivant le passage de saint Paul aux Romains, 8:19‑23.

Cette vérité que l'âme sent, quand elle se dépouille et se concentre, lui démontre quelles sont les énormes suites de la prévarication, et lui fait connaître, par l'expérience de tous les moments, que nous habitons la terre de la mort et de la douleur ; mais elle sent en même temps qu'il n'y a pas un instant pour elle où cette parole salutaire ne puisse être suivie d'une résur­rection.(…)

The transport of christ to the sepulchre detail

Homme choisi avant Israël, (…) tu sentiras qu'il ne devrait pas s'opérer un mouvement dans la moindre de tes facultés qui ne se terminât par y voir ériger un autel au Seigneur, et que tout ton être est cette terre promise qui devrait être remplie des monuments de sa gloire, de son amour, de sa puissance, et des conquêtes qu'il voudrait sans cesse te faire remporter sur les iniques habitants de cette terre sainte dont ils n'auraient jamais dû s'approcher. 

Oui, chaque acte de la parole sacrée voudrait élever autant d'autels dans ta pensée, dans tes désirs, dans ton amour, dans ton humilité, dans ta foi, dans ta courageuse activité, dans ta charité, dans ton intelligence, afin qu'il n'y eût rien en toi qui ne fût occupé à offrir des sacrifices de louanges au Seigneur, et afin que le Seigneur rayonnant par tous les points de ton existence ainsi purifiée et sanctifiée, toutes les nations te trou­vassent toujours occupé comme les Lévites à entretenir le feu sacré, et toujours prêt à recevoir leurs offrandes, et à faire parvenir leurs prières jusqu'au trône de l'Éternel.

Voilà comment la parole Divine voudrait se faire entendre à toutes les régions de l'univers, en leur répétant sans cesse par ta voix : Lazare, levez-vous ; car si c'est la voix de l'homme qui a versé le crime et le poison sur l'univers, c'est la voix de l'homme qui doit y reporter la lumière, la sagesse, la mesure et l'harmonie. C'est là ce nouvel homme après lequel languissent les soupirs de la Divinité. (…)

Et vous-même qui portez le nom de chrétien, quelles sont les portions de votre être qui méritent véritablement ce nom, et ne sentez-vous pas que ce peuple choisi est disséminé dans toutes les subdivisions de votre existence corrompue, et ténébreuse, comme le peuple juif est subdivisé sous vos yeux parmi les gentils, et parmi toutes les nations barbares, et impies qui composent le globe ?  (…)

Attendez donc que les mesures soient comblées, attendez que le moment soit venu de rappeler de toute langue, de toute nation, et de toute tribu cette famille divine dispersée aujour­d'hui chez tous les peuples. Quand ce rassemblement commen­cera, c'est alors que l'ennemi rassemblera ses forces à son tour pour venir en empêcher l'effet ; c'est alors qu'il réveillera ses puissances, et qu'il ne manquera pas d'organes, et d'instruments qui se rendront les ministres de ses projets pervers ; c'est alors que la famille divine des chrétiens sera réellement en souffrance parce qu'elle aura à soutenir de violents combats, dans lesquels elle paraîtra quelquefois vaincue, et dans lesquels la gloire de l'ennemi s'enflera au point qu'il croira avoir remporté complè­tement la victoire. (…)

Cette voix suprême qui aura rassemblé la famille divine de toute langue, de toute tribu, de toute nation se mettra elle-même à la tête de cette milice sainte, et ne permettra pas qu'elle soit renversée ; elle lui communiquera sa propre force, et elle brisera par là tous les pièges que l'ennemi lui aura tendus ; elle renverra toutes ces nations barbares dans leurs régions, où elles retour­neront couvertes de honte et de confusion pour avoir cru qu'elles l'emporteraient sur l'unité. (…) 

 

La chute des anges rebelles charles le brun 1685

 

Indépendamment des expériences particulières que tu peux faire sur toi-même, ô âme humaine, de toutes ces vérités, les voies s'ouvrent temporellement devant toi pour servir de pré­paration et d'acheminement à ces grandes secousses ; mais elles ne sont pas encore dans leur activité ; tout ce qui se passe, et s'est passé sous tes yeux depuis quelques siècles, ne te présente que de puériles images de ce qui est réservé aux derniers temps ; l'ennemi n'y agit encore que par des ruses, des dissimulations, des subterfuges, parce que la famille divine des chrétiens n'est encore rassemblée que figurativement.Princedecemonde

Lorsqu'elle sera rassemblée réellement, l'ennemi agira à force ouverte, et tout sera actif dans l'attaque comme dans la défense. Prépare-toi toujours à l'événement comme s'il devait arriver dans l'instant, car tu ne sais pas l'heure, et d'ailleurs cette heure peut arriver pour chacun en particulier dès l'instant qu'il a formé la sincère résolution de rassembler sa propre famille.

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 15, extraits choisis. 

Quelques Instructions sur les Nombres en Martinisme

Quelques Instructions sur les Nombres en Martinisme :

 

« Nous apprendrions là, en peu de temps, toute notre histoire. Nous y apprendrions que nous naissons dans le Divin, que nous prenons forme dans l'esprit, que nous rectifions l'apparence, et que nous séparons l'iniquité, et que ces quatre grandes opérations se font par l'impression de la force, de l'amour et de la sainteté, sur notre corps, notre cœur et notre front ; le tout sous l’aspect du grand nom central qui plane au-dessus de nous, pour nous vivifier, comme il vivifie tous les êtres dont il est à jamais le centre unique et universel. »

 (L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 12, extraits.)

 

Vertu des Nombres :

« C’est cette vertu des nombres qui a fait dire aux sages de tous les temps que nul homme ne peut être savant, soit dans le spirituel divin, soit dans le céleste, terrestre et particulier, sans la connaissance des nombres. Autre chose est la connaissance des lois de la nature spirituelle, autre chose est la connaissance des lois d’ordre et de convention des hommes matériels. Les lois des hommes varient comme l’ombre ; celles de la nature spirituelle sont immuables, tout étant inné en elle dès leur première émanation. Vous serez encore plus amplement instruit de ces vérités à la suite de ce Traité. »

(Martinès de Pasqually, Traite de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine, §65.)

 

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Enumération détaillée des nombres de 1 à 10 suivie de leur sens particulier qui doit être attribué et conféré à chacun, établie par Martinès de Pasqually :

1 : Unité, premier principe de tout être tant spirituel que temporel, appartenant au Créateur divin.

2 : Nombre de confusion appartenant à la femme.

3 : Nombre appartenant à la terre ou à l’homme.

4 : Quatriple essence divine

5 : Esprit démoniaque

6 : Opération journalière

7 : Esprit saint appartenant aux esprits septenaires.

8 : Esprit doublement fort appartenant au Christ.

9 : Démoniaque appartenant à la matière.

10 : Nombre divin.

(Martinès de Pasqually, Traite de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine, §66.)

 

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Aspect sous lequel il faut considérer l'esprit :

 

« L'esprit ne se considère que par ses opérations et les couleurs qui lui servent de signe. Le blanc est dénaire, le bleu est septénaire, le vert est quartenaire, le rouge est ternaire, le noir est neuvaire, le bronze est 5re (quinaire). L'unité est sans couleur. L'esprit dans son nombre radical est 7 parce qu'il opère sur 4 et sur 3, ou sur l'âme et le corps. Quand l'âme est unie à son intellect et à son esprit, elle a sa puissance, ce qui la rend quaternaire. Aussi ne doit-elle écouter que la sagesse et que l'esprit si elle veut conserver sa force, sa science et sa vertu ; parce que les esprits vivifiants de l'âme et du corps se joignent à elle et la soutiennent par leur puissance et par leur nombre. C'est là l'objet et l'effet des ordinations. Il s'établit par leur moyen, une activité constante et efficace dans l'être ordonné, qui le rend organe de tous les nombres, c'est-à-dire de la vie même, car les nombres ne sont que les signes de la vie. Mais si nous avions le bonheur de nous unir à l'esprit de Jésus-Christ, nous aurions toutes les activités et toutes les efficacités que nous pourrions désirer, puisque c'est dans lui que sont tous les nombres. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Les Nombres § XXIX.)

 

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Supériorité du nombre dénaire, première puissance divine :

 

« Vous savez sans doute que tous les sages passés et présents ont toujours regardé le nombre dénaire comme respectable à tous égards. Les sages n’ont eu et n’ont encore tant de respect pour ce nombre dénaire que parce qu’ils ont appris à en connaître la force par leur persévérance dans leurs opérations spirituelles divines, par le moyen desquelles ils ont obtenu les mêmes dons qui avaient été donnés à Seth. Ces sages n’ont point obtenu ces dons pour leur postérité charnelle, la plupart n’en ayant point eu, quoiqu’ils fussent unis à des mineurs féminins selon la volonté du Créateur; mais ils n’employaient ces dons qu’à l’éducation et l’instruction des enfants spirituels que le Créateur leur assignait, pour les disposer par là à devenir des instruments de la manifestation de la gloire divine. C’est parmi cette postérité spirituelle qu’ils ont perpétué la connaissance de ce fameux nombre dénaire, dans lequel toute espèce de nombre de création était contenu, et d’où ils eurent la faculté de tirer tous les nombres terrestres, mineurs, majeurs et supérieurs qui y étaient innés, ainsi qu’il a été enseigné au bienheureux homme Seth, et qu’il m’a été dit de l’enseigner à l’homme de désir. Je vous répondrai donc, selon que je le tiens de ceux qui ont été chargés de me le montrer, que le nombre dénaire remplit les quatre nombres de puissance divine. Je place devant vous le nombre dénaire en quatre figures différentes de caractères d’arithmétique : 1, 2, 3, 4. Additionnez ces quatre caractères en cette manière : 1 et 2 font 3, 3 et 3 font 6, 6 et 4 font 10, vous trouverez votre nombre dénaire, qui est la grande et première puissance divine, dans laquelle les trois autres nombres sont contenus, ainsi que vous pouvez le voir par les additions suivantes : 3 et 4 produisent le nombre 7 qui fait la seconde puissance du Créateur; 1 et 2 font 3, 3 et 3 font six, voilà la troisième puissance du Créateur; enfin additionnez 1 et 3 et vous aurez 4 ; et c’est le nombre quaternaire qui termine et conclut les quatre puissances divines du Créateur contenues dans son nombre coéternel dénaire. »

(Martinès de Pasqually, Traite de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine, §97.)

 

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Un, deux, trois, quatre et dix :

« Il convient, pour votre plus grande instruction, que je vous donne l’application de ces quatre nombres, afin que vous puissiez connaître à quel usage chacun d’entre eux a été employé par le Créateur pour la création universelle, générale et particulière. Je vous dirais donc que le nombre dénaire est un nombre indivisible, ou qui ne peut souffrir aucune division. C’est lui qui complète, divise et subdivise tout être de nombres innés dans le temple universel, général et particulier, corporel et animal, spirituel divin. 

C’est pourquoi ce fameux nombre a toujours été regardé par les Sages comme nombre unique et représentant la quatriple essence divine et, en conséquence comme très respectable par tout être spirituel provenu de ce même nombre. C’est aussi pourquoi ce nombre ne peut être opéré que par le Créateur et non par aucun être spirituel doublement puissant, simple et mineur, et à cette considération nul sage n’a fait usage de ce nombre, le réservant toujours par respect à la Divinité. Voilà quel est l’emploi du nombre dénaire, ou de la première puissance divine, que l’on figure ainsi : 10 ou (1) ; et c’est par ce nombre que l’imagination pensante divine a conçu la création spirituelle divine temporelle. »

(Martinès de Pasqually, Traite de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine, §98.)

 

 

Le Nouvel Homme, § 11

" Ainsi ce n’est point une espérance mensongère que celle qui nous promet de nous faire sentir physiquement l’épée divine, le souffle divin, le feu du sanctuaire et le contact vif de la puissance active et animante. Et même nous ne sommes que dans les ombres et dans les figures, tant que ce mouvement sacré et sensible ne s'est pas opéré en nous ; comme le feu des corps est nul en quelque sorte, tant qu'il n'est pas en contact et en conjonction avec tous les points de l'air libre, et de l'atmosphère vivante qui l'environne. Autel 3

 

(…) Mets-toi en sang, mets-toi en lambeaux, comme en passant au travers des ronces et des épines ; ce n'est que de l'autre côté de la haie qu'est le trésor. 

(…)  L'ennemi ne sait que te tromper par ces considérations illusoi­res ; ne dispute point avec lui, mais marche sans lui rien dire ; 

 

Prayer

(…) Tout a été écrit, dit, publié ; il n'y a point de profondeur ici-bas qui n'ait été sondée, il n'y a point de secret qui n'ait été découvert, point de lumière qui n'ait été manifestée;

(…) Ils croient leur cœur en sûreté, dès que leur esprit voit des rayons de lumière ; et ils ne songent pas que sans le secret et douloureux médicament, ils ne font, avec toutes leurs clartés, que se jeter plus sciemment dans le précipice.

(…) tâche de parvenir à ce degré à la fois délicieux et sanctifiant ; tâche qu'il n'y ait plus en toi qui ait quelque chose à toi ; car plus cette parcelle imperceptible, que j'ai appelée la mesure, trouvera en toi de choses qui lui appartiennent, plus tu seras plein de ces mesures si salutaires, et dont la seule présence peut servir de date à ta régénération.

(…) descendez encore un peu plus au fond de vous-mêmes, vous all­ez trouver que votre cœur a le discernement des intentions, des facultés, des opérations, et des mouvements de votre Dieu lui-même ; et que vous êtes l'organe sacré auquel il veut bien laisser faire l'épreuve de tout ce qu'il daigne envoyer hors de son éternel centre ; c'est sur cette langue invisible, mais impérissable que se peut faire l'essai de tous les sels Divins que la sagesse envoie continuellement dans l'atmosphère l'esprit. " 

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 11, extraits choisis.

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Le Nouvel Homme, § 10

" Les bergers ont entendu les anges chanter la naissance de ce fils de l’homme ; les mages ont vus son étoile dans l’Orient, ils viennent le visiter, et leur offrir leur or et leur encens. Tu as beau faire exterminer les enfants de Rachel pour calmer tes craintes, ce fils est un fils qui ne s’extermine point par la main de l’homme, parce qu’il n’est point né de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, ni de la volonté du sang, mais qu’il est né de Dieu ; aussi le Dieu qui l’a formé saura veiller sur ses jours, et il le fera réfugier dans l’Egypte, jusqu’à ce que les temps de ta fureur soient écoulés, et que le temps de la gloire de son fils soit arrivé.

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(…) On nous donne peu d’instruction sur les soins que l’on doit à l’enfance ; cependant homme, ce temps va être pour ton fils le temps le plus précieux de sa vie, car tu vas être à la fois ton fils, ton père, ta mère, tous les serviteurs qui seront employés à la plus sublime des tâches. Que ce fils nouveau-né devienne donc pour toi l’objet de tes soins les plus assidus. Ce fils est amour, et il est amour Divin…

(...) Mais n’oublies pas que ce fils est aussi le fils de la douleur, que c’est le second né de Rachel, qu’il a couté la vie à sa mère, qu’il est le seul des douze chefs de tribus qui soit né dans la terre promise, et qu’il y est né après que son père eût offert un sacrifice au Seigneur, et qu’il eût érigé un autel à Béthel.

 

 (…) Si tu veux donc conserver ce précieux rejeton, nourris-le chaque jour des mêmes éléments qui lui ont donnés la naissance ; fais couler à chaque instant sur lui le sang de l’alliance qui doit le préserver du glaive de l’ange exterminateur ; bien plus, fais pénétrer sans cesse dans toutes ses veines, ce même sang de l’alliance qui doit donner la mort à tous les Egyptiens, et le mettre à même de les dépouiller un jour de leurs vaisseaux d’or et d’argent avec lesquels ils font des festins d’iniquité. Laisse couler dans ses veines de sang corrosif qui n’aura point de relâche qu’il n’ait rongé jusqu’aux moindres traces du péché ; tu verras par là les membres de ton fils acquérir peu à peu de la force et de la consistance.

Et  pourquoi ce sang accumulera-t-il ainsi la vie dans les membres de ton fils ? C’est qu’il est le sang de la douleur, et que la douleur n’est point sans la vie, puisqu’elle n’est qu’une contradiction de la mort contre la vie, et de la vie contre la mort.

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(…) Fais donc tomber à grands flots ce sang de la douleur sur ton fils, plonge le dans cette mer de douleur qui seule peut lui donner et lui conserver le sentiment ; qu’il y séjourne plus longtemps que Jonas dans la baleine, plus longtemps que Moïse sur la montagne, plus longtemps que l’arche sur les eaux du déluge, plus longtemps que les Hébreux dans le désert ; plus longtemps que ces mêmes Hébreux dans toutes leurs captivités, qu’il y séjourne pendant toute sa vie terrestre, parce que ce n’est que par ce moyen que ce sang déposera dans son cœur, dans ses os, dans sa moelle, dans ses veines, dans toutes les fibres de son être le vrai élément sacerdotal d’où doivent naître pour lui la lance et l’épée. Qu’il mange chaque jour de ce pain sacerdotal, et qu’il s’enivre du vin de la colère du Seigneur."

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 10

 

Le Nouvel Homme est établi à demeure au milieu des multiplications de lumière

" Celui qui a senti l'aiguillon du désir se lance coura­geusement dans cette carrière où les dangers et les puissances ennemies vont l'environner, et l'assaillir jour et nuit ; l'ardeur de la victoire lui cache la grandeur du péril et des fatigues ; il est déterminé à tout, parce qu'il sait que les récompenses qui l'attendent embrassent tout. Il doit donc compter qu'en entrant dans ce désert toutes les facultés de son être vont être éprouvées, et qu'il n'y en a pas une non seulement dans son corps, mais encore plus dans son âme et dans son esprit, qui ne doive verser des sueurs de sang, et en imbiber les différentes terres auxquel­les appartiennent ces différentes facultés ; et cela continuelle­ment jusqu'au jour de sa sépulture, parce que tant qu'il demeure sur cette terre de douleur, il est dans le règne du mensonge, et que celui qui y domine n'oublie rien pour faire prospérer son empire. Voilà pourquoi nous ne devons méditer qu'en marchant et qu'en faisant notre chemin, les merveilles que le Seigneur veut bien faire briller de temps en temps dans nos ténèbres. (...) Aussi toutes les facultés de notre être après avoir versé des sueurs de sang, doivent verser des sueurs de joie et de délice ; il n'y a pas une seule de nos fibres qui ne doive devenir un des torrents de la vie, et recevoir sans cesse une accumulation de trésors qui nous établisse à demeure au milieu de ces multiplications de lumières, de ces multiplications de confiance, de ces multiplications de courage, de ces multiplications d'espérances et de consolations que nous avons déjà eu occasion de peindre, et que l'on ne peut jamais trop retracer pour ranimer la foi du faible, et même pour l'entretenir dans celui qui ne l'est pas. "

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 09 

 

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Chapitre Extraordinaire d’Assemblée Générale annuelle de la Société + des + Indépendants

 

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 « Si nous parlons (…) d’un « mystère », soit celui propre à « l’Église intérieure », c’est que cette dernière forme l’invisible « communauté de la lumière », selon la singulière expression que Karl von Eckhartshausen (1752-1803) emploie dans La Nuée sur le Sanctuaire (1802), lorsqu’il écrit : « Cette communauté de la lumière fut appelée de tout temps l’Église invisible et intérieure, ou la communauté la plus ancienne…».

C’est cette Église qui a été révélée par le Christ lors de sa venue en ce monde, quoique cette assemblée soit demeurée cachée et préservée bien avant l’Incarnation, et dans laquelle se trouvent conservées la vraie religion, la pratique du culte, la prière silencieuse d’abandon, l’oraison passive de recueillement, et, principalement, les connaissances mystérieuses réservées aux élus de l’Éternel.

De la sorte, lorsqu’il nous dévoile la véritable nature de l’Église céleste, qu’il désigne, selon un terme qui va profondément marquer l’ensemble du courant illuministe, comme étant « l’Église intérieure », Eckartshausen le fait en précisant qu’elle se compose des « élus du Seigneur », et que cette Église naquit, non pas à la Pentecôte lorsque l’Esprit-Saint fut envoyé sur les disciples, mais immédiatement après la Chute, ce qui explique pourquoi elle est dépositaire des mystères les plus intimes de la Révélation, touchant à l’origine la plus lointaine, et possède des lumières particulières sur des événements qui sont méconnus du plus grand nombre. »

Jean-Marc Vivenza, Le mystère de l’Église intérieure, ou la « naissance » de Dieu dans l’âme. Le cœur métaphysique et ontologique de la doctrine saint-martiniste, Editions la Pierre philosophale, mars 2016.

 

http://www.societedesindependants.org/actualites/94-chapitre-extraordinaire-2016

 

Le Nouvel Homme, § 8

 

Quand l'homme prie avec constance, avec foi, et qu'il cher­che à se purifier dans la soif active de la pénitence, il peut lui arriver de s’entendre dire intérieurement ce que le réparateur dit à Céphas : tu es pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon église, et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle. Cette opération de l'esprit dans l'homme nous apprend qu'elle est la dignité de l'âme humaine, puisque Dieu ne craint point de la prendre pour la pierre fondamentale de son temple ; elle nous apprend combien nous devons nous nourrir de douces es­pérances, puisque cette élection nous met à couvert des puissan­ces du temps, et plus encore des puissances des ténèbres et des abîmes ; elle nous apprend enfin ce que c'est que la véritable église, et que, par conséquent, nulle part, il n'y a d'église où cette opération invisible de l'esprit ne se trouve pas.

 

Mais remarquons pour quelle raison cette opération de l'esprit constitue la véritable église ; c'est que c'est la parole éternelle qui se grave elle-même alors sur la pierre fondamentale qu'elle choisit, comme le réparateur gravait sa propre parole sur l'âme de saint Pierre à qui il parlait face à face. Sans l'impres­sion de cette parole Divine sur notre âme, l'église ne s'élève point...

 

(…) Dès ce moment nous nous trouvons engagés à veiller soigneusement à la construction spirituelle qui nous est confiée ; construction qui doit d'autant plus nous attrayer que nous en trouvons en nous tous les matériaux et que, sous l'inspection, et avec l'aide de celui qui nous a fait cette annonce, nous pouvons devenir à la fois, l'architecte, le temple et le prêtre par qui le fondateur Divin y sera honoré...

 

(…) En un mot, l'idée de cet être puissant doit désormais devenir aussi inséparable de notre oeuvre que la pensée l'est de nos paroles, et de toutes les opérations qui en sont les fruits. 

 

(…) Réveille-toi donc, homme, chaque jour avant l'aurore pour accélérer ton ouvrage. C'est une honte pour toi que ton encens journalier ne fume qu'après le lever du soleil. Ce n'est point l'aube de la lumière qui devait autrefois avertir ta prière de venir rendre hommage au Dieu des êtres, et solliciter ses miséricordes, c'est ta prière qui devait elle-même appeler l'aube de la lumière et la faire briller sur ton oeuvre, afin qu'ensuite tu puisses du haut de cet orient céleste la verser sur les nations endormies dans leur inaction, et les arracher à leurs ténèbres. Ce n'est que par cette vigilance que ton édifice prendra son accroissement, et que ton âme pourra devenir semblable à l'une de ces douze perles qui doivent un jour servir de portes à la ville sainte.

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(…) Ne te relâche donc point, homme de désir, car le Dieu des êtres lui-même ne dédaigne pas de venir faire alliance avec ton âme, il ne dédaigne point de venir opérer avec elle cette divine et spirituelle génération dans laquelle il t'apporte les principes de vie, et veut bien te laisser le soin de leur donner la forme. Si tu voulais t'observer avec attention, tu sentirais tous ces principes divins de l'essence éternelle, délibérer et agir puissamment en toi chacun selon leur vertu et leur caractère ; tu sentirais qu'il t'est possible de t'unir à ces suprêmes puissances, de devenir un avec elles, d'être transformé dans la nature active de leur agent, et de voir toutes tes facultés s'accroître et s'aviver par de divines multiplications...

 

(…) Tu pourrais alors te faire une idée de ces joies futures dont tu goûterais déjà les prémices; tu aurais de délicieux pressentiments, que grâce aux miséricordieuses faveurs de celui qui t'a créé et qui veut bien te régénérer, ton entrée dans la vie t'est comme cautionnée par lui, et que tu peux dire avec une sainte sécurité inspirée par lui : Mon âme ne m'a point été donnée en vain ; il a daigné la faire renaître pour l'appliquer à l'œuvre active à laquelle ma sublime émanation me donnait droit de prétendre, et il me promet encore de me faire recueillir un jour les fruits du champ que lui-même a bien voulu cultiver par mes mains. Que ce Dieu de toute puissance et de toute consolation soit à jamais honoré comme il devrait l'être, et comme il le serait des hommes, s'il leur était plus connu !

Angellll

Nous pouvons donc déjà apercevoir les biens qui nous sont promis si nous persévérons à nourrir en nous l'esprit de douleur ou plutôt la douleur de l'esprit, c'est-à-dire, cette pénétrante amertume cachée au médicament spirituel par où doit com­mencer toute notre oeuvre ; car n'oublions pas que nous sommes encore dans les déserts, et que nous n'entrevoyons la terre promise que sur les récits et les images que nous en offrent les fidèles envoyés qui l'ont parcourue ; et s'il est consolant pour nous d’avoir à attendre un si magnifique héritage, ne perdons pas de vue le seul chemin qui puisse nous y conduire.

 

Disons-nous sans cesse les uns aux autres : le médicament spirituel veut nous rendre la santé, et la vie ; le Dieu universel veut passer tout entier par notre être afin de parvenir jusqu'à l'ami qui nous accompagne ; il veut y passer souffrant, avant d'y passer dans sa gloire, il veut rompre les liens qui nous enchaî­nent dans la caverne des lions et des bêtes féroces et venimeuses, il veut régénérer notre parole par l'impression de sa propre parole, il veut fonder sur notre âme son église, afin que les portes de l'enfer ne prévalent jamais contre elle, il veut s'unir à nous pour opérer avec nous une génération spirituelle dont les fruits soient aussi nombreux que les étoiles du firmament, et puissent comme elles faire briller universellement sa lumière ; et tous ces biens qu'il veut nous procurer, il veut les réaliser en nous par l'annonciation de son ange, et par la sainte conception de son esprit, puisque c'est là le terme final de tous ses desseins et de toutes ses manifestations : louons-le dans la magnificence de ses merveilles, et dans l'abondance de ses trésors ; mais que ce soit dans le chemin et en faisant notre route que nous occupions ainsi notre pensée ; afin que ces saintes méditations nous servent à adoucir les fatigues du voyage, et non pas à nous arrêter.

 

 

 L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 8

 

Le Nouvel Homme, § 7

 

(…) La sagesse conduit l'homme par des degrés insensibles afin de ne pas l'effrayer par l'immensité de la tâche qu'il a à remplir. Aussi commence-t‑elle par dire à l'homme qu'il doit servir d'organe et de passage à la Divinité tout entière, s'il veut que son ange jouisse de la paix et des félicités Divines. Cet avis est si consolant que l'âme de l'homme en est comme absorbée dans l'admiration et dans la joie. Elle pleure de regret, elle pleure d'espérance : c'est comme si l'image Divine elle-même était venue se dessiner sur toutes ses substances, et qu'elle eût senti la douce chaleur de la main qui a conduit le pinceau ; mais comme c'est là le terme final de l'œuvre, cette sagesse nous apprend bientôt qu'avant d'atteindre à cet heureux terme, nous devons voir passer en nous le Dieu souffrant, puisque lui seul peut enchaîner tous les lions voraces, et tous les serpents qui circulent en nous, et ne cessent de nous effrayer par leurs sif­flements, ou de nous empoisonner par leur venin.

(…) La sagesse ne nous découvre ce grand combat que le dernier, afin qu'étant préparés d'avance par les douceurs qui nous sont promises dans le Dieu bienfaisant, et par les moyens qui nous sont offerts dans le Dieu souffrant, nous puissions nous lancer plus courageusement dans le champ de bataille, et nous flatter de remporter la victoire ; car ce n'est qu'après cette victoire que se tracent en nous les plans du temple et les dif­férentes divisions qu'il renferme, parmi lesquelles il en est une par où le Saint des Saints se communique à nous, comme il se communiquait au grand prêtre dans le temple de Jérusalem ; ce n'est qu'alors que se confirme en nous, et l'annonciation de la part de l'ange, et la conception par l'opération de l'Esprit-Saint, d'où nous pouvons espérer un heureux enfantement Divin

(…) Ce n'est pas que par notre victoire sur ces animaux féroces qui tendent journellement à nous dévorer, nous les ayons entiè­rement séparés de notre cercle, et qu'ils ne soient plus liés à notre existence : non, ils y sont liés par la nature de notre chair et de notre sang ; et ils sont destinés à être entraînés avec tout notre être dans le cercle passager que nous parcourons, comme l’abîme est entraîné avec l'univers dans le vaste cercle du temps ; mais de même que cet abîme est entraîné avec l'univers sans lui nuire et sans gêner la marche de ces opérations et l’accomplissement de ses lois, de même la région de nos ani­maux dévorants, doit être entraînée avec nous sans se mêler aux fonctions de notre esprit, et comme occupant une demeure séparée, cette région n'existant pour nous, que comme l'abîme pour l'univers

 

Snakes

 

 

 

 

(…) C’est pourquoi nos prières ne sont encore que des gémissements, des lamentations, et des invocations, au lieu d'être des contemplations, des commandements, des actions de grâces, et des jouissances, comme elles auraient dû l'être dans l'origine, et comme elles le seront à la fin de toutes choses, pour ceux qui se seront dévoués au maintien de la justice et à l'observation des lois du Seigneur.

(…) Car, lorsque le premier homme fut créé, Dieu ne lui dit point de se lamenter, et de passer sa vie dans les larmes, il lui dit qu’il l'établissait sur tous les ouvrages de ses mains ; il lui dit de donner des noms à tous les animaux ; il lui dit de remplir la terre et de la dominer ; mais après sa chute, la terre est maudite, il ne doit plus manger son pain qu'à la sueur de son front 

(…) Ô vous, instituteurs humains, combien vous repentirez­-vous un jour d'avoir abusé les âmes en les menant par des voies nulles, figuratives et illusoires qui leur auront donné un calme trompeur, en leur procurant des joies extérieures, et en leur communiquant des ombres de vérités qui les auront empêchées de travailler au renouvellement du centre de leur être !

(…) Oh ! mes amis, prenons garde à un autre danger qui nous menace tous : c'est d'être traités comme ceux à qui on redeman­dera le sang des prophètes ; non pas que nous leur ayons ôté la vie temporelle, mais pour n'avoir pas profité de leur esprit plus que les nations auxquelles ils avaient parlé, ni plus que les hommes du torrent ; car cet esprit des prophètes est leur véritable sang que nous versons à tous les instants, quand nous ne suivons pas les leçons qu'ils nous ont données, et qu'au bruit de leurs menaces nous ne rentrons pas sous la domination exclusive du seul, et souverain être qui est jaloux de tout gouverner lui-même, comme étant le seul qui ait pu tout créer ; oui, voilà ce véritable sang qui sera demandé à la famille humaine, non seulement depuis le sang d'Abel, jusqu'à celui de Zacharie mais encore depuis celui de Zacharie, jusqu'à celui qui sera également versé et profané pendant toute la durée des siècles. Voilà ce sang que versent tous les jours les Pharisiens, les Scribes, et les docteurs de la loi qui étouffent sans cesse l'esprit du prophète, non seulement sous le poids de la lettre, mais sous le poids de leurs hypocrites et frauduleuses interpré­tations, et sous celui de leurs superstitieuses traditions dans lesquelles la vérité va toujours en descendant.

Veillons donc jour et nuit pour que ce sang de l'esprit nous soit profitable, veillons pour qu'on ne nous reproche pas un jour de l'avoir laissé perdre et couler en vain ; veillons, car c'est ce sang qui doit servir à la formation et à la nourriture du fils spirituel conçu en nous par l'opération de la sagesse sainte.

 

 L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 7

 

 

 

Le Nouvel Homme, § 6

 

« Mais quelle terrible opération doit se faire en nous avant que cette divinité tout entière nous traverse dans sa splendeur et dans sa joie ! Il faut auparavant qu'elle nous traverse dans son ignominie et dans sa douleur ; il faut que le Dieu souffrant passe tout entier au travers de l'âme concentrée et comme pétrifiée par le crime et l'insensibilité. Âme de l'homme, abîme-toi ici, dans ta détresse, et prépare-toi à l'opération la plus douloureuse. Il faut que le Dieu souffrant te pénètre, et se fasse jour au travers de tes substances les plus épaissies et les plus dures, pour te rendre ta primitive existence ; tu ne pourras jamais être régéné­rée complètement si l'opération n'est pas universelle et si le Dieu souffrant dans sa pensée, dans sa parole et dans son oeuvre ne traverse tout entier ta pensée, ta parole, et ton opération. Amertume corporelle, amertume spirituelle, amertume divine, venez vous établir dans notre être, puisque vous êtes devenues l'indispensable aliment de nos ténèbres et de notre infirmité. Que l'amertume spirituelle du calice se joigne à notre amertume spirituelle particulière, et forme ainsi ce médicament actif et salutaire qui doit ronger toutes nos fausses substances pour laisser revivre nos véritables substances amorties ! Mal­heur à qui voudra repousser de lui ce médicament régénérateur ! Il ne fera qu'accroître ses maux, et les rendre peut-être un jour inguérissables. Car telle est cette pénitence qui seule peut faire ressusciter l'esprit en nous, comme l'esprit peut seul y faire ressusciter la parole, et la parole y faire ressusciter la vie divine, attendu qu'aujourd'hui rien ne peut plus s'opérer que par des concentrations, puisque tel a été le principe de l'origine des choses, tant physiques que spirituelles ; telle est, dis-je, cette pénitence qui donne à l'homme la puissante tranquillité de la confiance, et la terrible force de la douceur, choses si inconnues aux hommes du torrent qui n'ont que le courage du désespoir, et que la force de la colère. »

 L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 6 

 

Siiii

 

« Disons à notre ennemi : c'est le Dieu souffrant qui veut lui­-même élever en moi son édifice ; c'est le Dieu souffrant qui veut le soutenir lui‑même, tu ne pourras jamais le renverser. Plus le Dieu souffrant s'approchera de moi, plus je serai en sûreté contre tes attaques, parce qu'il prendra lui‑même sur lui le fardeau que je ne pourrais pas porter ; quoique je sois suspen­du au‑dessus de l'abîme comme par un fil, quoique j'habite au milieu des lions voraces et des serpents sifflants et meurtriers, il est près de moi ce Dieu souffrant, il est conçu en moi ce Dieu souffrant, et d'un seul de ses mouvements, quelque faible qu'il soit, il me séparera lui‑même de tous ces insectes, et reptiles venimeux dont tes iniques séductions ont fait revêtir corporel­lement la malheureuse postérité de l'homme. Ce Dieu souffrant ne cherche qu'à faire entrer en moi sa chair, son sang, son esprit, sa parole, pour y introduire enfin le nom puissant qui a tout créé, et qui veut aussi créer tout dans moi ; il veut me faire planer avec lui dans la région de la vie, afin que je sois dans l'impossibilité de retomber dans les précipices et dans les régions de la mort. »

 L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 6 

 

 

Le Nouvel Homme, § 5

Inriiiii

 

« Tel est l'état de ceux qui après avoir vaincu le dragon, sont montés après leur mort dans la région du repos et du bonheur ; tel est même l'état de ceux qui ici-bas ont rompu les chaînes de leur esclavage, et ont ouvert toutes leurs facultés à celui qui ne demande pas mieux que de les pénétrer et de les remplir ; enfin tel est l'état de ceux sur qui l'esprit a imposé les mains, parce que par cette imposition des mains, il rassemble en eux dans une unité toutes les subdivisions spirituelles qu'ils avaient laissé disséminer ; c'est même par ce moyen, et en vertu de l'unité indivisible dont cet esprit est dépositaire qu'il les met dans le cas d'imposer les mains à leur tour sur leurs semblables, et d'y opérer les mêmes rassemblements qui se sont opérés en eux lors de l'imposition des mains de l'esprit ; et tel est l'objet du sacerdoce ; tels en sont les pouvoirs, tels en sont les fruits pour ceux qui s'en sont rendus dignes, et qui ont été compris dans la divine sélection. »

 L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 5 

Le Nouvel Homme, § 4

 

 

Consecration

 

« C'est alors que l'homme se trouve être, en esprit et en vérité, le prêtre du Seigneur ; c'est alors qu'il a reçu la vivifiante ordination, et qu'il peut transmettre cette ordination sur tous ceux qui se consacrent au service de Dieu, c'est-à-dire, lier et délier, purifier, absoudre, plonger l'ennemi dans les ténèbres, et faire revivre la lumière dans les âmes ; car le mot ordination, vient du mot ordinare ordonner, qui veut dire remettre chaque chose à son rang et à sa place ; et telle est la propriété du verbe éternel qui produit continuellement tout selon le poids, le nombre, et la mesure. Tel est enfin le zèle de la parole pour cette oeuvre sublime qu'elle se transformerait en homme elle-même pour venir nous ordonner et nous consacrer, s'il ne se trouvait point d'hommes qui puissent nous imposer les mains ; parce qu'elle sait qu'il faut ici-bas que les organes de la vérité soient corporisés humainement pour nous être utiles. »

L-C de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 4

 

« Ce n'est donc point un simple effet mystique, ni une simple opération métaphysique qui se passe en nous lorsque le verbe Divin nous régénère, et qu'il nous appelle par notre nom pour nous faire sortir de notre tombeau, c'est une oeuvre vive, et dont tout notre être spirituel et corporel éprouve physiquement la sensation, puisque cette parole est la vie, et l'activité ; et lorsque Lazare sortit de son cercueil à la voix du Seigneur, ses membres n'éprouvèrent pas autant de cette sensation réelle, que nous en éprouvons dans notre régénération spirituelle, parce qu'après être descendu dans le tombeau, son âme passive ne pouvant recevoir la sensation de la mort et de la froideur sépulcrale, ne pouvait pas non plus en faire la comparaison avec la sensation de la vie qui s'introduisait alors en lui, et semblait le créer pour la première fois : au lieu que notre âme immortelle ne descend point dans le lac de la mort spirituelle, sans en ressentir toute l'horreur ; et par conséquent lorsqu'elle recouvre la sensation de la vie, ce doit être avec une sensibilité inexprimable. »

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 4 

 

Lazare

 

« Il est donc vrai de dire que notre délivrance a commencé dès l'instant de notre punition ; il est donc vrai de dire que l'agneau a été immolé dès le commencement du monde ; il est donc vrai que l'écriture a raison de nous recommander les larmes, et de nous féliciter de nos tribulations, puisque le médicament d'amertume est la seule voie que nous ayons de recouvrer le commencement de nos rapports avec notre unité harmonique et primitive ; enfin il est donc vrai que l'écriture a raison de nous enseigner que celui qui se fera humble et petit, sera élevé. »

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 4 

 

« Voilà le terme où doivent tendre tous nos efforts, et sans lequel nous nous flatterions en vain d'être avancés dans la carrière de notre retour vers notre principe. C'est aussi ce qui nous rétablit, sur notre trône en mettant nos ennemis à nos pieds en même temps cela nous apprend que telle fut notre puissance autrefois, et que tel fut l'emploi que nous en aurions dû faire, puisqu'aujourd'hui nous pouvons la faire servir au même usage, en prononçant fortement cette parole interne qui constitue notre être, et qui fait trembler nos ennemis. Ne cessons donc point de contempler ce but sublime et indispensable où nous devons tendre ; ne nous reposons point, n'épargnons aucun de nos efforts jusqu'à ce que nous nous sentions renaître dans cette faculté vive qui est notre essence et jusqu'à ce que par sa forte vertu, nous ayons chassé de nous tous les vendeurs qui sont venus établir le siège de leur trafic jusque dans le temple. »

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790) , § 4 

 

Le Nouvel Homme, § 3

Nouvell

« De cette sublime vérité, il résulte une vérité qui n'est pas moins sublime, savoir, que nous ne sommes pas dans notre loi, si nous pensons par nous-mêmes, puisque pour remplir l'esprit de notre vraie nature, nous ne devons penser que par Dieu, sans quoi nous ne pouvons plus dire que nous soyons la pensée du Dieu des êtres, mais nous nous déclarons être le fruit de notre pensée ; nous nous annonçons comme si nous n'avions pas d'autre source que nous-mêmes, et comme si nous avions été notre propre principe, de façon qu'en défigurant notre nature, nous anéantissions celui seul de qui nous la tenons : aveugle impiété qui peut éclairer sur la marche qu'ont suivie toutes les prévarications.

De cette sublime vérité que l'homme est une pensée du Dieu des êtres, il résulte une vaste lumière sur notre loi, et notre destination ; savoir, que la cause finale de notre existence ne peut être concentrée dans nous ; mais qu'elle doit être relative à la source qui nous engendre comme pensée, qui nous détache d'elle pour opérer au-dehors ce que son unité insubdivise ne lui permet pas d'opérer elle-même ; mais ce dont elle doit être cependant le terme et le but, comme nous sommes tous ici-bas le but et le terme des pensées que nous enfantons, et qui ne sont qu'autant d'organes et d'instruments que nous employons pour coopérer à l'accomplissement de nos plans dont notre nous est perpétuellement l'objet ; c'est pour cela que cette pensée du Dieu des êtres, ce nous doit être la voie par où doit passer la Divinité tout entière, comme nous nous introduisons journellement tout entier dans nos pensées, pour leur faire atteindre le but et la fin dont elles sont l'expression et pour que ce qui est vide de nous, devienne plein de nous ; car, tel est le vœu secret et général de l'homme, et par conséquent tel est celui de la Divinité dont l'homme est l'image »

L-C de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 3 

Le Nouvel Homme, § 2

 

 

Angegardien

 

« Un secret à la fois immense et terrible a été communiqué dans L'homme de désir, n°146, page 217. Et ce secret est que le coeur de l'homme est le seul passage par où le serpent empoisonné élève sa tête ambitieuse, et par où ses yeux jouissent mme de quelque lumière élémentaire, car sa prison est bien au-dessous de la nôtre.

Ici nous osons communiquer un autre secret non moins profond, mais plus consolant, plus encourageant, et fait pour nous apprendre à nous respecter tant par rapport à la sainteté de notre origine, qu'à la sublimité de l'oeuvre que nous devons et que nous pouvons opérer sur la terre. Voici ce secret :

L'ami fidèle qui nous accompagne ici-bas dans notre misère, est comme emprisonné avec nous dans la région élémentaire, et quoiqu'il jouisse de sa vie spirituelle, il ne peut jouir de la lumière divine, des joies divines, de la vie divine que par le coeur de ce même homme qui fut choisi pour tre l'intermède universel du bien et du mal. Nous attendons de cet ami fidèle tous les secours, toutes les protections, tous les conseils qui nous sont nécessaires dans nos ténèbres et toutes les vertus pour subir le décret de notre épreuve à laquelle il n'a pas le droit de rien changer ; mais il attend de nous en récompense, que par le feu divin dont nous devrions être embrasés, nous lui fassions éprouver la chaleur et les effets de ce soleil éternel dont il se tient éloigné par la pure et vive charité qui l'anime en faveur de la malheureuse humanité.

C'est pour cela que J.-C. dit, dans saint Matthieu, 18 : Ne méprisez aucun de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon père qui est dans les cieux. Ils ne voient la face de Dieu, que parce que les enfants qu'ils accompagnent ont le cœur pur, et c'est le cœur pur de ces enfants qui sert d'organe à ces anges, puisqu'ils ne sont pas dans le ciel où est le père. Mais réciproquement le cœur de l'homme n'est pur que quand il est fidèle à la voix de son ange ; c'est‑à‑dire, en d'autres paroles quand l'homme est re­devenu enfant, et qu'il fait en sorte que son ange ait la liberté de voir la face de Dieu.

Aussi y a‑t‑il un grand sens dans ces paroles de J.-C., même chapitre, verset 3 : si vous ne devenez comme de petits enfants, nous n'entrerez point dans le royaume des cieux. L'ange est la sagesse, le cœur de l'homme est l'amour ; l'ange est le récipient de la lumière divine, le cœur de l'homme en est l'organe et le modificateur. Ils ne peuvent se passer l'un de l'autre et ils ne peuvent être unis que dans le nom du seigneur, qui est à la fois l'amour et la sagesse, et qui les lie par là dans son unité. Nul mariage comparable à celui‑là ; et nul adultère comparable à celui qui altère un pareil mariage ; aussi est‑il dit, (Matthieu, 18), que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a joint. »

 L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 2 

 

« Ô homme ! Si tu aperçois le moindre rayon de cette haute lumière, ne perds pas un moment pour accomplir toutes les lois qu'elle t'impose, et pour te rendre aussi vif, aussi actif, et aussi pur que les deux correspondances entre lesquelles tu te trouves placé ; ce sera le moyen d'accélerer ta régénération, et de te préparer d'avance un lieu de repos pour le temps à venir. Tu es la lampe, l'esprit est l'air, la chaleur et le feu de la lumière divine sont renfermés dans l'huile ; l'air souffle sur toi pour te mettre en activité et pour que tu lui transmettes la chaleur douce et vivante, et la sainte clarté de cette huile qui doit nécessairement passer par toi pour lui parvenir.

 Dans cette opération, l'homme devient une véritable lumière au milieu des ténèbres, il ne devient cette véritable lumière que parce qu'il manifeste le principe vivant qui veut bien la lui procurer et la faire passer par son cœur ; ainsi l'homme peut grandement se réjouir, mais il ne peut pas se glorifier ; enfin l'ange est comblé de consolations et de jouis­sances ; et au moyen des joies divines que nous lui procurons, il se lie et s'attache d'autant plus à nous, tant par sa vive charité naturelle, que par le besoin d'augmenter son propre bonheur. De son côté, la Divinité ne cherche continuellement qu'à percer de plus en plus dans le cœur des hommes, pour étendre sa gloire, sa vie et sa puissance, et en remplir l'ange qui la désire si ardemment. »

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 2 

 

« Car lorsque la vie divine passe en nous, elle y attire l'esprit, et lorsque l'esprit vient en nous, il y attire la vie divine ; là Dieu se spiritualise, et l'esprit se divinise, et notre être reçoit alors cette nourriture ainsi préparée par la sagesse qui dispose toutes ses opérations pour le plus grand bien des êtres ; sans cela la Divinité nous consumerait, si elle y venait seule, et l'esprit ne nous nourrirait pas assez, s'il y venait seul à son tour, attendu que sans être Dieu, nous sommes cependant plus que l'esprit.

Cette loi qui nous est tracée pour opérer notre régénération, nous indique assez clairement quelle était la loi qui devait accompagner notre destination primitive, puisqu'elle devait être encore plus étendue sans cependant changer de nature, car une loi n'en change point, quoiqu'elle se resserre, ou se retire quand les êtres se sont rendus absolument indignes qu'elle agisse encore sur eux ; ainsi puisque nous devons aujourd'hui faire parvenir la région divine jusqu'à notre ange, nous devions autrefois avoir le privilège de rendre le même service à un plus grand nombre d'êtres, et à des êtres qui fussent encore plus dans la privation que notre ange particulier, enfin si nous pouvons aujourd'hui faire passer par nous quelques rayons du soleil divin, il faut que, par notre nature originelle, nous ayons eu le pouvoir de faire passer par nous la Divinité tout entière, et par conséquent nous ne pourrons nous croire régénérés que quand nous aurons atteint ce but immense qui est le terme final de notre être ; car, nous venons de le dire, une loi ne peut changer, et pour obtenir notre régénération, il faut que la Divinité tout entière pénètre notre être comme elle l'aurait fait primitivement, si nous eussions suivi ses desseins. Homme, apprends ici combien tu es loin de ton terme, et vois si cette perspective te peut laisser croire que tu doives languir dans l'inaction. »

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 2 

 

Le Nouvel Homme, § 1

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« A peine la vérité voit-elle naître ainsi le désir et la volonté dans le coeur de l'homme, qu'elle s'y précipite, avec toutes les ardeurs de sa vie divine et de son amour. Souvent même elle ne lui demande que de se priver de ce qui est nul, et pour ce sacrifice négatif, elle va le combler de réalités. Les principales de ces réalités, c'est de commencer par lui donner les signes d'avertissement et de préservation, afin qu'il ne soit plus dans le cas de craindre comme Caïn, et de dire : ceux qui me rencontreront me tueront. Ensuite elle attache sur lui les signes de terreur, afin que sa présence devienne redoutable, et qu'il fasse fuir ses ennemis ; enfin elle le décore des signes de gloire, afin qu'il puisse faire briller la majesté de son maître, et recevoir partout les honorables récompenses qui sont dues à un fidèle serviteur. »

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 1 

 

« Ce n'est donc point assez pour notre rétablissement de nous abstenir des aliments malsains et corrompus, il faut encore que nous usions de ce médicament amer que les ministres spirituels de la sagesse font passer en nous, pour y occasionner une sensation douloureuse qu'on pourrait appeler la fièvre de la pénitence ; mais qui se termine par la douce sensation de la vie et de la régénération. »

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 1 

 

« Car la rosée que Dieu fait descendre dans l'homme est toute composée d'actions toutes vives, toutes formées, toutes complètes, comme autant de guerriers armés de pied en cap, ou comme autant de puissants médecins, portant dans leur main l'ambroisie, ou comme autant d'anges célestes tous rayonnant intérieurement et extérieurement, des saintes et pures lumières de la vie ; et l'homme destiné à être l'objet, et le réceptacle de tant de bienfaits aperçoit par l'intelligence, au milieu de cette rosée sacrée, la main suprême du Dieu resplendissant de gloire qui veut bien le prendre pour le terme de cette incomparable munificence, tant il est vrai que la parole divine ne peut venir en nous sans créer à la fois tout un monde. »

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 1