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Le Nouvel Homme (1790), § 13

« Lorsque le Réparateur alla à Béthanie pour y ressusciter le frère de Marthe et Marie qui était mort depuis quatre jours, et qui sentait mauvais ; lorsqu'étant près du tombeau, il dit d'une voix haute : Lazare, levez-vous ; c'est à toi, âme humaine, qu'il adressait la parole encore plus qu'à ce cadavre qui n'était que le symbole de la véritable renaissance ; (…)

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Si tu as aperçu précédemment que l'annonciation de l'ange peut se répéter pour toi, ainsi que la conception et la naissance du fils de la promesse, tu ne seras pas surprise que la résurrec­tion de Lazare puisse se répéter pour toi également ; mais aussi par la même raison, tu sens que cette opération préliminaire te devient indispensable, puisque tu es morte depuis quatre jours ; c'est-à-dire, dans tes quatre grandes institutions primitives que tu ne saurais plus remplir, et puisque tu répands partout l'infec­tion. La voix du Réparateur s'approche de ta tombe et te crie : Lazare, levez-vous ; ne fais pas comme les Juifs dans le désert ; n'endurcis pas ton cœur à cette voix, et jette-toi promptement hors de ton cercueil ; il ne manquera pas de gens serviables pour délier tes bandelettes. Souviens-toi ensuite qu'il ne t'a été dit : Lazare, levez-vous ; qu'afin que tu répètes à ton tour librement à toutes tes facultés endormies : Lazare, levez-vous ; (…)

Âme humaine, plus féconde que la terre corruptible où tu es emprisonnée pour un temps, tu peux, plus qu'elle, recevoir de vives semences, tu peux, plus qu'elle, produire de nombreuses récoltes, tu peux, plus qu'elle, fixer et faire couler sur toi les riches et fécondes rosées ; et ce sont tous ces trésors qui doivent t'engraisser à jamais ; car, si tu te dis bien sincèrement : Lazare, levez-‑vous, tu peux alors espérer que le conseil céleste vienne délibérer jusque dans ton propre sein, et envoie ensuite sa parole sacrée dans tout ton être, pour y faire exécuter ses décrets, et faire couler abondamment dans toutes ses substances élémen­taires, spirituelles et Divines les sanctifications éternelles qui ne tendent qu'à effacer le temps (…)

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Si le conseil céleste doit délibérer jusque dans notre propre sein, il en résulte pour nous une loi puissante, et qui porte avec elle l'empreinte d'une terreur salutaire ; c'est que nous ne devrions pas nous permettre un acte, ni un mouvement qui ne fût la suite d'une délibération de ce conseil céleste (…) dès que dans toi le conseil céleste veut bien prononcer de pareils décrets, chacun de tes pas et de tes mouvements doit être une victoire, une exécution de quelque jugement Divin, une délivrance de quelque esclave, et un accroissement du règne de la lumière ; et toutes ces oeuvres sont autant d'hymnes à la gloire de celui qui est venu en délibérer en toi, et les décréter, et qui veut bien t'en confier l'opération pour te transmettre, par ce moyen, des étincelles de cette joie Divine, et immortelle qui est l'élément primitif de ton existence (…) tu dois sentir que la délibé­ration de ce grand conseil est que tu sois également dans la souffrance et dans le combat, si tu veux remporter la victoire. (…)

Songe, âme de l'homme, que c'est le Dieu même qui pleure en toi, pour que tu puisses, par ses propres douleurs, parvenir aux consolations. Songe qu'il pleura avant de dire à Lazare : Levez-vous. Songe qu'il pleure à tout instant dans tout ton être, et qu'il ne cherche qu'à établir son propre jeûne ou sa propre pénitence dans ton centre élémentaire, dans ton centre spirituel, et dans ton centre Divin. Si Dieu pleure en toi, comment te refuserais-tu à pleurer avec lui, comment t'oppo­serais-tu à laisser librement circuler en toi, ces torrents enflammés de la pénitence sacrée (…) Fais donc en sorte de n'être plus que douleur, que soupirs, que la­mentations car ce n'est plus que de cette manière-là que tu peux aujourd'hui être l'image et la ressemblance de ton Dieu. »Desintegration

 

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 13, extraits choisis.

Quelques Instructions sur les Nombres en Martinisme

Quelques Instructions sur les Nombres en Martinisme :

 

« Nous apprendrions là, en peu de temps, toute notre histoire. Nous y apprendrions que nous naissons dans le Divin, que nous prenons forme dans l'esprit, que nous rectifions l'apparence, et que nous séparons l'iniquité, et que ces quatre grandes opérations se font par l'impression de la force, de l'amour et de la sainteté, sur notre corps, notre cœur et notre front ; le tout sous l’aspect du grand nom central qui plane au-dessus de nous, pour nous vivifier, comme il vivifie tous les êtres dont il est à jamais le centre unique et universel. »

 (L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 12, extraits.)

 

Vertu des Nombres :

« C’est cette vertu des nombres qui a fait dire aux sages de tous les temps que nul homme ne peut être savant, soit dans le spirituel divin, soit dans le céleste, terrestre et particulier, sans la connaissance des nombres. Autre chose est la connaissance des lois de la nature spirituelle, autre chose est la connaissance des lois d’ordre et de convention des hommes matériels. Les lois des hommes varient comme l’ombre ; celles de la nature spirituelle sont immuables, tout étant inné en elle dès leur première émanation. Vous serez encore plus amplement instruit de ces vérités à la suite de ce Traité. »

(Martinès de Pasqually, Traite de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine, §65.)

 

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Enumération détaillée des nombres de 1 à 10 suivie de leur sens particulier qui doit être attribué et conféré à chacun, établie par Martinès de Pasqually :

1 : Unité, premier principe de tout être tant spirituel que temporel, appartenant au Créateur divin.

2 : Nombre de confusion appartenant à la femme.

3 : Nombre appartenant à la terre ou à l’homme.

4 : Quatriple essence divine

5 : Esprit démoniaque

6 : Opération journalière

7 : Esprit saint appartenant aux esprits septenaires.

8 : Esprit doublement fort appartenant au Christ.

9 : Démoniaque appartenant à la matière.

10 : Nombre divin.

(Martinès de Pasqually, Traite de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine, §66.)

 

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Aspect sous lequel il faut considérer l'esprit :

 

« L'esprit ne se considère que par ses opérations et les couleurs qui lui servent de signe. Le blanc est dénaire, le bleu est septénaire, le vert est quartenaire, le rouge est ternaire, le noir est neuvaire, le bronze est 5re (quinaire). L'unité est sans couleur. L'esprit dans son nombre radical est 7 parce qu'il opère sur 4 et sur 3, ou sur l'âme et le corps. Quand l'âme est unie à son intellect et à son esprit, elle a sa puissance, ce qui la rend quaternaire. Aussi ne doit-elle écouter que la sagesse et que l'esprit si elle veut conserver sa force, sa science et sa vertu ; parce que les esprits vivifiants de l'âme et du corps se joignent à elle et la soutiennent par leur puissance et par leur nombre. C'est là l'objet et l'effet des ordinations. Il s'établit par leur moyen, une activité constante et efficace dans l'être ordonné, qui le rend organe de tous les nombres, c'est-à-dire de la vie même, car les nombres ne sont que les signes de la vie. Mais si nous avions le bonheur de nous unir à l'esprit de Jésus-Christ, nous aurions toutes les activités et toutes les efficacités que nous pourrions désirer, puisque c'est dans lui que sont tous les nombres. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Les Nombres § XXIX.)

 

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Supériorité du nombre dénaire, première puissance divine :

 

« Vous savez sans doute que tous les sages passés et présents ont toujours regardé le nombre dénaire comme respectable à tous égards. Les sages n’ont eu et n’ont encore tant de respect pour ce nombre dénaire que parce qu’ils ont appris à en connaître la force par leur persévérance dans leurs opérations spirituelles divines, par le moyen desquelles ils ont obtenu les mêmes dons qui avaient été donnés à Seth. Ces sages n’ont point obtenu ces dons pour leur postérité charnelle, la plupart n’en ayant point eu, quoiqu’ils fussent unis à des mineurs féminins selon la volonté du Créateur; mais ils n’employaient ces dons qu’à l’éducation et l’instruction des enfants spirituels que le Créateur leur assignait, pour les disposer par là à devenir des instruments de la manifestation de la gloire divine. C’est parmi cette postérité spirituelle qu’ils ont perpétué la connaissance de ce fameux nombre dénaire, dans lequel toute espèce de nombre de création était contenu, et d’où ils eurent la faculté de tirer tous les nombres terrestres, mineurs, majeurs et supérieurs qui y étaient innés, ainsi qu’il a été enseigné au bienheureux homme Seth, et qu’il m’a été dit de l’enseigner à l’homme de désir. Je vous répondrai donc, selon que je le tiens de ceux qui ont été chargés de me le montrer, que le nombre dénaire remplit les quatre nombres de puissance divine. Je place devant vous le nombre dénaire en quatre figures différentes de caractères d’arithmétique : 1, 2, 3, 4. Additionnez ces quatre caractères en cette manière : 1 et 2 font 3, 3 et 3 font 6, 6 et 4 font 10, vous trouverez votre nombre dénaire, qui est la grande et première puissance divine, dans laquelle les trois autres nombres sont contenus, ainsi que vous pouvez le voir par les additions suivantes : 3 et 4 produisent le nombre 7 qui fait la seconde puissance du Créateur; 1 et 2 font 3, 3 et 3 font six, voilà la troisième puissance du Créateur; enfin additionnez 1 et 3 et vous aurez 4 ; et c’est le nombre quaternaire qui termine et conclut les quatre puissances divines du Créateur contenues dans son nombre coéternel dénaire. »

(Martinès de Pasqually, Traite de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine, §97.)

 

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Un, deux, trois, quatre et dix :

« Il convient, pour votre plus grande instruction, que je vous donne l’application de ces quatre nombres, afin que vous puissiez connaître à quel usage chacun d’entre eux a été employé par le Créateur pour la création universelle, générale et particulière. Je vous dirais donc que le nombre dénaire est un nombre indivisible, ou qui ne peut souffrir aucune division. C’est lui qui complète, divise et subdivise tout être de nombres innés dans le temple universel, général et particulier, corporel et animal, spirituel divin. 

C’est pourquoi ce fameux nombre a toujours été regardé par les Sages comme nombre unique et représentant la quatriple essence divine et, en conséquence comme très respectable par tout être spirituel provenu de ce même nombre. C’est aussi pourquoi ce nombre ne peut être opéré que par le Créateur et non par aucun être spirituel doublement puissant, simple et mineur, et à cette considération nul sage n’a fait usage de ce nombre, le réservant toujours par respect à la Divinité. Voilà quel est l’emploi du nombre dénaire, ou de la première puissance divine, que l’on figure ainsi : 10 ou (1) ; et c’est par ce nombre que l’imagination pensante divine a conçu la création spirituelle divine temporelle. »

(Martinès de Pasqually, Traite de la Réintégration des Êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine, §98.)

 

 

Le Nouvel Homme, § 12

Puisque notre Dieu est un être effectif, tout doit être effectif dans ce qui l'approche, comme dans ce qui sort de lui. Ainsi, pourvu que nous le recherchions avec une pénitence effective, une humilité effective, un courage effectif, nous ne devons pas douter qu'il ne vienne à nous avec des puissances effectives, avec des dons effectifs, et qu'il n'imprime sur nous des témoi­gnages effectifs de son intérêt et de son effectivité 

 (…) Venez, humilité sainte, venez vivre dans la prédication intérieure que mon âme entend chaque jour au-dedans d'elle-­même, et unissez votre activité à la parole intérieure qui me poursuit, afin que je sois sans interruption un être effectif, et que, par votre moyen, le Divin et universel défenseur repose sur moi, et me préserve de la colère du Seigneur.

 L'homme est tranquille au milieu des abîmes qui l'envi­ronnent ; il oublie que ses ennemis sont si redoutables, qu'il ne peut pas abattre le moindre degré de leur puissance, qu’autant que la force Divine, elle-même, se met en mouvement, et sans qu'il n'en coûte à Dieu, une opération, et un acte réel de sa force et de son action entière. L'ennemi ne l'ignore pas cette vérité ; aussi, il ne remue pas tant que nous ne mettons en jeu que nos puissances inférieures et particulières à l'homme ténébreux ; et un de ses grands secrets, c'est d'abuser les mortels par d'appa­rents succès fondés sur des prières faibles et illusoires, qui les font dormir dans le sommeil de la mort ; c'est par là qu'il dévore journellement toute la terre. (…) Cet ennemi de toute vérité a des puissances à ses ordres qu'il envoie devant lui comme des espions dès qu'on le poursuit et qu'on l'attaque dans son pays ; il a à ses ordres des chiens, des loups qui observent s'ils ne pourront pas dévorer le cavalier et sa monture, et ensuite faire main basse à leur aise sur toute la bergerie. Mais sitôt qu'ils aperçoivent ou seulement qu'ils sentent le lion de la tribu de Juda, ils fuient à toutes jambes, tant ce lion de la tribu de Juda a des armes tranchantes et à l'épreuve de tout. Ses armes n'ont pas même besoin de se mouvoir ; il approche et tout tremble devant lui. 

(…) Ne cherchons pas un autre chef. N'est-ce pas lui qui a appelé l'âme de l'homme et qui lui a dit : sur cette pierre je bâtirai mon église ? Mais notre âme embrasse et pénètre tout notre être, comme l'esprit du Seigneur embrasse et pénètre tout l'univers ; ainsi chaque portion de nous, chacune de nos facul­tés, chacune de nos pensées, chacun de nos mouvements peu­vent donc se transformer en autant d'églises où le nom du Seigneur soit perpétuellement honoré ; c'est pour cela que le nom du Seigneur sera loué de l'orient jusqu'à l'occident, du nord au midi, et dans toute l'étendue de la terre. C'est là ce que seront les fonctions de ce nouveau-né à qui l'esprit vient de donner le jour ; car, son ministère circulera dans le quaternaire ; ainsi l'homme aura à vaquer aux fonctions Divines à l'angle d'orient, aux fonctions spirituelles dans l'angle du nord, aux fonctions de l'ordre mixte dans l'angle d'ouest et aux fonctions de la justice, du combat et du jugement dans l'angle du midi. De là il retournera sur ses pas, pour purifier, et sanctifier de nouveau les régions et leur faire part de ses triomphes et venir ensuite en rendre hommage à l'universel triomphateur, sans lequel il n’y aurait aucun conquérant.Hercules and the hydra

Mais répétons-le, c'est dans les plus creuses profondeurs de l’âme humaine, que l'architecte doit venir poser le fondement de l’église ; et il faut qu'il les cimente avec la chair, le sang et la vie de notre verbe, et de tout notre être. Voilà le travail le plus pénible de la régénération ; c'est celui qui porte sur cette intime substance de nous-mêmes. Au milieu des supplices que notre corps peut subir, nous pouvons dans notre âme en subir un plus grand encore.

C'est ce qui est arrivé au réparateur qui ne songeait point à la mort de son corps lorsqu'il demandait que ce calice s'éloignât ­de lui ; enfin c'est le combat de l'esprit, c'est cette douleur à laquelle aucune douleur ne se compare, et qui par sa grandeur même nous met dans le cas de supporter toutes les autres avec une sorte d'indifférence.

Car, si nous voulions courageusement faire pénétrer notre esprit vivant dans toutes les subdivisions et régions de notre être, pour y porter la vie et la renaissance, nous ne compterions pour rien les maux ordinaires auxquels notre nature et notre vie temporelle nous exposent ; et il n'y aurait plus de douleur qui pût se mettre en parallèle avec notre douleur ; mais aussi où seraient les joies qui finalement pourraient se mettre en parallèle avec nos joies ?

Nous apprendrions là, en peu de temps, toute notre histoire. Nous y apprendrions que nous naissons dans le Divin, que nous prenons forme dans l'esprit, que nous rectifions l'apparence, et que nous séparons l'iniquité, et que ces quatre grandes opérations se font par l'impression de la force, de l'amour et de la sainteté, sur notre corps, notre cœur et notre front ; le tout sous l’aspect du grand nom central qui plane au-dessus de nous, pour nous vivifier, comme il vivifie tous les êtres dont il est à jamais le centre unique et universel.

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 12, extraits choisis.

Le Nouvel Homme, § 11

" Ainsi ce n’est point une espérance mensongère que celle qui nous promet de nous faire sentir physiquement l’épée divine, le souffle divin, le feu du sanctuaire et le contact vif de la puissance active et animante. Et même nous ne sommes que dans les ombres et dans les figures, tant que ce mouvement sacré et sensible ne s'est pas opéré en nous ; comme le feu des corps est nul en quelque sorte, tant qu'il n'est pas en contact et en conjonction avec tous les points de l'air libre, et de l'atmosphère vivante qui l'environne. Autel 3

 

(…) Mets-toi en sang, mets-toi en lambeaux, comme en passant au travers des ronces et des épines ; ce n'est que de l'autre côté de la haie qu'est le trésor. 

(…)  L'ennemi ne sait que te tromper par ces considérations illusoi­res ; ne dispute point avec lui, mais marche sans lui rien dire ; 

 

Prayer

(…) Tout a été écrit, dit, publié ; il n'y a point de profondeur ici-bas qui n'ait été sondée, il n'y a point de secret qui n'ait été découvert, point de lumière qui n'ait été manifestée;

(…) Ils croient leur cœur en sûreté, dès que leur esprit voit des rayons de lumière ; et ils ne songent pas que sans le secret et douloureux médicament, ils ne font, avec toutes leurs clartés, que se jeter plus sciemment dans le précipice.

(…) tâche de parvenir à ce degré à la fois délicieux et sanctifiant ; tâche qu'il n'y ait plus en toi qui ait quelque chose à toi ; car plus cette parcelle imperceptible, que j'ai appelée la mesure, trouvera en toi de choses qui lui appartiennent, plus tu seras plein de ces mesures si salutaires, et dont la seule présence peut servir de date à ta régénération.

(…) descendez encore un peu plus au fond de vous-mêmes, vous all­ez trouver que votre cœur a le discernement des intentions, des facultés, des opérations, et des mouvements de votre Dieu lui-même ; et que vous êtes l'organe sacré auquel il veut bien laisser faire l'épreuve de tout ce qu'il daigne envoyer hors de son éternel centre ; c'est sur cette langue invisible, mais impérissable que se peut faire l'essai de tous les sels Divins que la sagesse envoie continuellement dans l'atmosphère l'esprit. " 

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 11, extraits choisis.

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Chapitre Extraordinaire d’Assemblée Générale annuelle de la Société + des + Indépendants

Chapitre Extraordinaire d’Assemblée Générale annuelle

de la Société + des + Indépendants

Lyon, samedi 21 octobre 2017

A la Grande Loge de France

Chapitre Extraordinaire 2017

 

« Le rôle de la Grâce dans la Prière intérieure »

 

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La Société des Indépendants

et « l’esprit » du « saint-martinisme »

 

« Époux de mon âme, toi par qui elle a conçu le saint désir de la Sagesse,

viens m’aider toi-même à donner la naissance à ce fils bien-aimé

que je ne pourrai jamais trop chérir.

Dès qu’il aura vu le jour,

plonge-le dans les eaux pures du baptême de ton esprit vivifiant,

afin qu’il soit inscrit sur le livre de vie,

et qu’il soit reconnu pour jamais

comme étant au nombre des fidèles membres de l’Église du Très-Haut. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Prière n° VII)

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Le Nouvel Homme est établi à demeure au milieu des multiplications de lumière

" Celui qui a senti l'aiguillon du désir se lance coura­geusement dans cette carrière où les dangers et les puissances ennemies vont l'environner, et l'assaillir jour et nuit ; l'ardeur de la victoire lui cache la grandeur du péril et des fatigues ; il est déterminé à tout, parce qu'il sait que les récompenses qui l'attendent embrassent tout. Il doit donc compter qu'en entrant dans ce désert toutes les facultés de son être vont être éprouvées, et qu'il n'y en a pas une non seulement dans son corps, mais encore plus dans son âme et dans son esprit, qui ne doive verser des sueurs de sang, et en imbiber les différentes terres auxquel­les appartiennent ces différentes facultés ; et cela continuelle­ment jusqu'au jour de sa sépulture, parce que tant qu'il demeure sur cette terre de douleur, il est dans le règne du mensonge, et que celui qui y domine n'oublie rien pour faire prospérer son empire. Voilà pourquoi nous ne devons méditer qu'en marchant et qu'en faisant notre chemin, les merveilles que le Seigneur veut bien faire briller de temps en temps dans nos ténèbres. (...) Aussi toutes les facultés de notre être après avoir versé des sueurs de sang, doivent verser des sueurs de joie et de délice ; il n'y a pas une seule de nos fibres qui ne doive devenir un des torrents de la vie, et recevoir sans cesse une accumulation de trésors qui nous établisse à demeure au milieu de ces multiplications de lumières, de ces multiplications de confiance, de ces multiplications de courage, de ces multiplications d'espérances et de consolations que nous avons déjà eu occasion de peindre, et que l'on ne peut jamais trop retracer pour ranimer la foi du faible, et même pour l'entretenir dans celui qui ne l'est pas. "

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 09 

 

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l’homme de désir est réduit à pleurer en vain

 

 

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« Quel est donc le triste état de la postérité humaine, où l’homme de désir est réduit à pleurer en vain, et à voir ses frères ou liés par de fortes chaînes dans de ténébreux cachots ou transportés dans les sépulcres de la mort et de la putréfaction ! Et cela sans qu'il lui soit possible d'agir pour leur délivrance, ni de rien opérer pour eux ! Il n'est que trop vrai, malheureux homme, que le temps, et la mort sont les rois de ce monde. »

(L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 50)

 

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« Mais combien est petit le nombre de ceux pour qui brille enfin le jour de la délivrance ! Combien d’autres au contraire voient se multiplier leurs fers, et sont condamnés à ne jamais connaître le moindre soulagement ! Combien en est-il qui doivent passer leurs jours dans les cachots, et pour qui il n’y aura point d’intervalle entre les horreurs de leur prison, et les horreurs de leur tombeau ! »

(L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme, §50) 

 

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Chapitre Extraordinaire d’Assemblée Générale annuelle de la Société + des + Indépendants

 

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 « Si nous parlons (…) d’un « mystère », soit celui propre à « l’Église intérieure », c’est que cette dernière forme l’invisible « communauté de la lumière », selon la singulière expression que Karl von Eckhartshausen (1752-1803) emploie dans La Nuée sur le Sanctuaire (1802), lorsqu’il écrit : « Cette communauté de la lumière fut appelée de tout temps l’Église invisible et intérieure, ou la communauté la plus ancienne…».

C’est cette Église qui a été révélée par le Christ lors de sa venue en ce monde, quoique cette assemblée soit demeurée cachée et préservée bien avant l’Incarnation, et dans laquelle se trouvent conservées la vraie religion, la pratique du culte, la prière silencieuse d’abandon, l’oraison passive de recueillement, et, principalement, les connaissances mystérieuses réservées aux élus de l’Éternel.

De la sorte, lorsqu’il nous dévoile la véritable nature de l’Église céleste, qu’il désigne, selon un terme qui va profondément marquer l’ensemble du courant illuministe, comme étant « l’Église intérieure », Eckartshausen le fait en précisant qu’elle se compose des « élus du Seigneur », et que cette Église naquit, non pas à la Pentecôte lorsque l’Esprit-Saint fut envoyé sur les disciples, mais immédiatement après la Chute, ce qui explique pourquoi elle est dépositaire des mystères les plus intimes de la Révélation, touchant à l’origine la plus lointaine, et possède des lumières particulières sur des événements qui sont méconnus du plus grand nombre. »

Jean-Marc Vivenza, Le mystère de l’Église intérieure, ou la « naissance » de Dieu dans l’âme. Le cœur métaphysique et ontologique de la doctrine saint-martiniste, Editions la Pierre philosophale, mars 2016.

 

http://www.societedesindependants.org/actualites/94-chapitre-extraordinaire-2016

 

Le Nouvel Homme, § 09

 

Comment pourrions-nous cesser de nourrir en nous l'esprit de douleur, ou plutôt la douleur de l'esprit quand nous con­sidérons la voie temporelle et spirituelle de l'homme sur la terre ? L'homme est conçu non seulement dans le péché, comme le disait David de lui-même, mais il est encore conçu par le péché, vu les ténébreuses iniquités de ceux qui l'engendrent. Ces ténébreuses iniquités vont influer sur lui corporellement, et spirituellement jusqu'à sa naissance. Il naît ; il va recevoir in­térieurement le lait taché de ces mêmes iniquités, et extérieu­rement mille traitements maladroits qui vont déformer son corps avant même qu'il soit formé ; des conceptions dépravées, des langues fausses et corrompues vont assaillir toutes ses facultés et les épier au passage pour les infecter dès qu'il les manifestera par le moindre de ses organes.

 

(…)C'est ainsi qu'au milieu d'une tempête perpétuelle, il arrive au terme de sa vie ; et là pour achever de mettre le sceau sur le décret qui l'a condamné à venir dans cette vallée de larmes, l'on tourmente son corps par les procédés d'une méde­cine ignorante, et son esprit par des consolations maladroites, tandis que dans ces moments périlleux cet esprit ne cherche qu'à entrer dans sa voie et éprouve peut-être en secret toute la douleur de s’en voir écarté.

 

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(…)Que doit-ce donc être si l'on pénètre dans l'homme inté­rieur et spirituel, et si l'on réfléchit aux dangers qui le menacent et qui sont incomparablement plus effrayants que ceux qu'il a à craindre de la part des hommes, et des désordres de ce monde ? C'est alors qu'il sent la nécessité d'être jeté d'abord dans le désert par l'esprit, c'est-à-dire, de rectifier en lui toutes les difformités que la maladresse des hommes, et ses propres écarts ont semées dans son être ; afin qu'étant devenu totalement étran­ger au régime de l'illusion, il puisse s'adonner tout entier au combat de l'esprit, lequel combat ne commence point ici-bas pour ceux qui sont livrés au torrent, parce qu'étant entraînés loin du désert, ils ne savent pas même qu'il y ait un combat à livrer

 

 

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(…)Mais celui qui a senti l'aiguillon du désir se lance coura­geusement dans cette carrière où les dangers et les puissances ennemies vont l'environner, et l'assaillir jour et nuit ; l'ardeur de la victoire lui cache la grandeur du péril et des fatigues ; il est déterminé à tout, parce qu'il sait que les récompenses qui l'attendent embrassent tout. Il doit donc compter qu'en entrant dans ce désert toutes les facultés de son être vont être éprouvées, et qu'il n'y en a pas une non seulement dans son corps, mais encore plus dans son âme et dans son esprit, qui ne doive verser des sueurs de sang, et en imbiber les différentes terres auxquel­les appartiennent ces différentes facultés ; et cela continuelle­ment jusqu'au jour de sa sépulture, parce que tant qu'il demeure sur cette terre de douleur, il est dans le règne du mensonge, et que celui qui y domine n'oublie rien pour faire prospérer son empire.

Voilà pourquoi nous ne devons méditer qu'en marchant et qu'en faisant notre chemin, les merveilles que le Seigneur veut bien faire briller de temps en temps dans nos ténèbres 

 

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(…)Pour quelle raison nous doit-il arriver de si grands biens ? C'est que c'est ainsi que la mesure suprême se fait connaître quand nous l'avons laissé s'emparer en nous de toutes les mesures. C'est que cette mesure étant la vie par essence ne peut commu­niquer d'autre impression à ceux qui l'approchent ; c'est que cette mesure ne tend qu'à percer jusqu'à l'unité de notre centre, pour le gouverner par la même action par laquelle elle se gouverne, et l'entraîner perpétuellement dans l'identité de son mouvement ; et voilà le sort qui est réservé à ceux qui auront aimé à manger du verbe.

 

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 L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 09

L'Initié avance avec prudence et silence sous le manteau.

 

« La vigilance, qui doit guider les pas du frère martiniste, lui vient de la connaissance véritable au sens de Sophia, c’est-à-dire de la Sagesse dont il porte l’attribut : le Manteau.

Il s’agit là de la Sagesse divine que Saint Paul opposait à la sagesse profane qui est de ce monde. Pour L.-C. de Saint-Martin, cette dernière n’est qu’un fragment déchu de la Sagesse primordiale ou Sophia est plus qu’une sagesse mondaine, elle conduit l’homme à une impulsion divine ( rappelons que l’Esprit Saint a été identifié à la Sophia par st. Théophile d’Antioche et st.Irénée de Lyon) véritable dépôt transmis d’Initié à Initié, sous le boisseau et dont le rayonnement, tout en portant témoignage au monde, se révèle à qui s’ouvre et ainsi le perçoit et le reçoit. Si l’Initié avance avec prudence et silence sous le manteau, c’est que parfois « ce qu’il est » ( sa personnalité), parle plus fort que « ce qu’il a dit ». Le Manteau recouvre donc ses vêtements ( « ce qu’il est »), son aspect extérieur étant ainsi caché sous les plis noirs du tissu. Il apprend  à faire taire les revendications de son moi. Le vêtement a toujours reflété la personnalité de celui qui le porte, celle-ci est donc mise « sous le voile », le terme manteau lui-même vient d’ailleurs du latin « mantellum » qui signifie « voile ».»

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+Saint-Martinisme+ et Voie Cardiaque

"Je viens exercer auprès de l'homme,  l'important ministère de l'homme, un ministère plus véridique et plus Sévère"

"L'homme n'est plus qu'une source d'amertume"

"Nos larmes sont aujourd'hui les seuls signes de notre fraternité ; nous ne sommes plus parents que par l'infortune. Pas un seul des mouvements de l'homme qui n'ait l'aveuglement pour base, et les gémissements pour résultats" 

Louis-Claude de Saint-Martin.

 

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+Saint-André Apôtre+

« (…) ayant connu et suivi les prescriptions de l’Ancienne Loi, il devint un disciple du Christ abandonnant le légalisme de la religion mosaïque pour accueillir la Bonne Nouvelle du Messie libérateur (…). L’exemple de saint André est une invitation formelle à entrer véritablement, à se placer entièrement, en faisant renaître le feu sacré sur l’autel des parfums caché par Jérémie qui était la lointaine image du feu intérieur de l’"homme de désir", sous l’unique loi de la grâce ouverte par le divin Réparateur. »

 

Saa

 

(J.- M. Vivenza, Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié, Le Mercure Dauphinois, 2010, pp. 311-313)Saint andre apotre