Le Nouvel Homme est établi à demeure au milieu des multiplications de lumière

" Celui qui a senti l'aiguillon du désir se lance coura­geusement dans cette carrière où les dangers et les puissances ennemies vont l'environner, et l'assaillir jour et nuit ; l'ardeur de la victoire lui cache la grandeur du péril et des fatigues ; il est déterminé à tout, parce qu'il sait que les récompenses qui l'attendent embrassent tout. Il doit donc compter qu'en entrant dans ce désert toutes les facultés de son être vont être éprouvées, et qu'il n'y en a pas une non seulement dans son corps, mais encore plus dans son âme et dans son esprit, qui ne doive verser des sueurs de sang, et en imbiber les différentes terres auxquel­les appartiennent ces différentes facultés ; et cela continuelle­ment jusqu'au jour de sa sépulture, parce que tant qu'il demeure sur cette terre de douleur, il est dans le règne du mensonge, et que celui qui y domine n'oublie rien pour faire prospérer son empire. Voilà pourquoi nous ne devons méditer qu'en marchant et qu'en faisant notre chemin, les merveilles que le Seigneur veut bien faire briller de temps en temps dans nos ténèbres. (...) Aussi toutes les facultés de notre être après avoir versé des sueurs de sang, doivent verser des sueurs de joie et de délice ; il n'y a pas une seule de nos fibres qui ne doive devenir un des torrents de la vie, et recevoir sans cesse une accumulation de trésors qui nous établisse à demeure au milieu de ces multiplications de lumières, de ces multiplications de confiance, de ces multiplications de courage, de ces multiplications d'espérances et de consolations que nous avons déjà eu occasion de peindre, et que l'on ne peut jamais trop retracer pour ranimer la foi du faible, et même pour l'entretenir dans celui qui ne l'est pas. "

L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme (1790), § 09 

 

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Saint Martinisme Le Nouvel Homme Louis-Claude de Saint Martin